Fin de semaine bucolique

31 Août

Yep, me voici de retour chez moi, 3ème étage, appartement sur le plateau central… De retour… de la campagne !!! Mais la vraie ! Celle où tu te demandes en arrivant s’il y a électricité et eau courante…

« Vous avez des toilettes ? Enfin des vraies ? Non parce que deux planches au dessus d’un trou plein de merde, c’est pas vraiment des toilettes hein… »

Déjà, tu pars à reculons… hum… Alors je reste une nuit, faisons un sac : gilet, foulard, trousse de toilettes, chemise de nuit, pas besoin de prendre de pantalon de pyjama, de toute façon vu le temps, j’aurai trop chaud si je l’emmène… HAHA !!! Grossière erreur, mais on reviendra dessus plus tard… Continuons sur le sac : je prends également un duvet, mon chargeur de téléphone voiture ET secteur (sait-on jamais…), suffisamment de tabac pour tenir 5jours, une ramette de feuilles A4, un livre sur l’origami (plan de secours dans un monde sans Internet), un paquet neuf de 500 bougies chauffe plat, une boite d’allumettes, mes notes prises devant Man versus Wild, mon mec et sa guitare…

Bref, je check, j’ai de quoi m’occuper si je m’ennuie… Si pas d’électricité, j’ai de quoi écouter de la musique, y voir clair… Hum… Impeccable. Une fois la voiture de Chérichou rempli, ça lui donne un petit air tuning, rabaissée sans néon… Je lui suggère d’en installer un avant notre départ pendant que je prépare une compile Techno-Jacky pour le trajet. Fort de tout son amour pour moi, il refuse catégoriquement, en ajoutant que si je n’avais pris tant de chose pour UNE soirée, on n’en serait pas là. Il m’invite avec un air qu’on pourrait qualifier d’agacé, à m’asseoir rapidement sur le fauteuil passager, passer en mode silencieux, voire en veille, jusqu’à destination…

Nous voilà parti pour une heure dix de route (oui, il est précis et il tient fort fort à ces dix minutes !). On papote un peu, il commence à monter le son de la musique (genre ça ne t’intéresse pas ce que je te raconte ?). Je sors un kit de manucure de mon sac et commence à me limer les ongles, repousser les cuticules, et appliquer une première couche de vernis restructurant pour ongles qui se dédoublent.

« Tu peux faire attention aux aspérités de la route ? Ça me fait un peu déborder… dis-je avec un de mes plus larges sourires. »

Je ne sais pas pourquoi, il a rit, puis accéléré. Bref, sur ces entre-faits, je reçois un coup de fil d’une amie. Et commence la scène de l’équilibriste. Le téléphone coincé sur l’épaule je finis d’appliquer le vernis, tout en faisant des commentaires sur la conduite ridicule des touristes qui rentrent chez eux, celle de Chérichou , le paysage et la civilisation qui semblent disparaître au fur et à mesure de notre voyage… Je perds deux fois le réseau téléphonique au point d’en couper la conversation… Ce qui provoque chez moi une crise d’angoisse quasi systématique : Han ! Si le réseau ne revient pas, je n’aurai plus accès au Net, mes mails, FB ou Twitter… et comment vais-je tenir moi ?

Chérichou me somme de raccrocher, il a besoin que je lui lise les indications nous permettant de ne pas nous perdre.

« A la sortie de la ville, continuez tout droit. Il y aura un virage serré à gauche, ce sera la deuxième à droite. Une fois arrivé à la première des deux intersections à droite, compter trois poteaux EDF sur la gauche de la route et tourner radicalement à droite au panneau indiquant le lieux-dit, entre deux champs de maïs. Continuez tout droit, c’est la maison de droite. »

Hum… Vous ne me trouvez pas claire ? Et bien Chérichou non plus. Miraculeusement, on avait pris la bonne route. Tout se corsa (rien à voir avec sa voiture sans néon !) au moment des champs de maïs. C’est-à-dire que là il devait y en avoir deux, séparés d’un chemin. Nous n’en avons vu qu’un… Pas de panneau, pas de chemin !

« Euh chérichou… loin de moi l’idée de te vexer, mais ça fait un moment qu’on n’a plus de champ de maïs à droite. Sans compter que pour les réverbères à gauche après la première intersection, je me suis arrêtée de m’en préoccuper aux 37ème. On devrait amorcer un demi-tour et reprendre le comptage tranquillement. Non ? »

Il grommèle, retourne à la première intersection et en roulant à la vitesse d’un escargot asthmatique, se concentre sur les fameux réverbères. Et c’est en se stoppant au troisième, en tournant notre tête sur la droite que l’on découvre… un minuscule chemin au milieu d’un champ de maïs. Quelques mètres plus loin, le panneau tant recherché est bien à sa place. Je panique un peu en le voyant s’embourber là dedans. Mais soit, nous sommes attendus, avançons.

Bon… nous voilà enfin arrivés. Je sors en faisant attention où je mets mes pieds. Et voici le moment de dire bonjour à l’assemblée. Les présentations se font, je ne retiens pas la moitié des prénoms. Le premier groupe, essentiellement masculin, joue à la pétanque. On fait le tour de la maison et là… je découvre la partie féminine de l’assemblée. La partie qui est accompagnée de petits monstres âgés pour deux d’entre eux de 5ans et demi (oui oui le demi est important) et du troisième de deux ans environ.

Bref, tout cela pour dire qu’il est particulièrement difficile d’apprendre à connaître une maman…

« Et bien, là je viens de finir mon contrat. J’attaque un nouveau boulot le premier…

– Julien ! Descend de là tout de suite ! Repose ça et arrête d’embêter ton cousin ! Détache ton petit frère et arrête de courir avec ce chewing-gum dans la bouche… »

C’est le moment qu’elle choisit donc pour aller lui courir derrière. Pendant ce temps je me retrouve à nouveau seule. Je reprends un autre verre de vin et me rallume une autre cigarette, pour partir explorer les lieux ! Aux premières vues, il y a l’électricité ici. La cuisine semble équipée d’un frigo. Il y a même une cafetière, ce qui me rassure pour le lendemain matin. Un matin sans café, c’est comme une tartiflette sans reblochon. C’est le meilleur moyen de me perdre définitivement.

J’ouvre la porte de la salle de bain. Haaaaaaa ! Une sorte de gros insecte noir me passe entre les jambes ! Je reprends ma respiration. Tout va bien se passer, je n’ai rien vu. Je n’ai rien vu. Je n’ai rien vu. Je vide mon verre de rosé et rallume une autre cigarette !

Je découvre derrière un mur de cartons (oui mon amie vient de déménager, rien d’anormal à une présence accrue de cartons) un escalier que j’emprunte sans me poser plus de questions. Et là, une immense pièce sous les toits, avec des matelas, des fauteuils dépareillés, des canapés, des coussins, des bougies… C’était plutôt chouette comme petit coin. Et puis pas d’insectes mutants amoureux de mes chaussures ! Un peu poussiéreuse, mais agréable comme pièce. Je finis ma cigarette ici et redescends pour remplir mon verre vide.

L’équipe des boulistes avait déjà rejoint la table à côté du barbecue, enfin le feu sur lequel on posera une grille un peu plus tard pour cuire la viande. Chérichou semble se sociabiliser plus facilement que moi. Je rempli à nouveau mon verre de vin et rallume… une cigarette. Les mamans finissent de nourrir leurs progénitures. L’un de monstres les plus âgés sautent sur le banc sandwich en main en hurlant la bouche pleine de pain, pendant que le second pique quelques chips dans le paquet de la miniature qui ne semble pas aimer ça du tout d’ailleurs.

Je bois une gorgée de plus en voyant la crapule descendre de son banc pour se mettre à courir en rond autour de moi. Le tout bien évidemment accompagné de hurlements indiens. Je vide mon verre. Sa mère lui dit de me laisser tranquille (merci !). Mais non… il semble s’en ficher complet et quitte mon périmètre à l’arrivée du labrador d’une nouvelle arrivante.

Les mamans fatiguées (par leurs enfants surtout !) emballent leur progéniture, déposent les colis dans les voitures, nous disent au revoir et rentrent. Un peu de calme, plus de cris, plus d’animaux étranges qui t’agrippent sans prévenir, plus de pleurs, plus de chamailleries.

On s’installe autour de la table, le repas se déroule impeccablement bien. Je vide plusieurs verres, discute à droite à gauche, me nourris, souris, ris, vide encore quelques verres…

Une fois le repas terminé, je me rends rapidement compte que j’ai froid et que le temps est super super super humide. C’est à ce moment que je réalise que les claquettes et le pantacourt n’étaient vraiment pas de bonnes idées malgré le soleil de la journée. Oui, à la campagne, sans soleil, il fait froid, même au mois d’août ! Mon amie me relook en mode j’aipasfroidàlacampgne ! Un pull en polaire, un pantalon et un plaid pour mes pieds. Je me sens très mamie recroquevillée sur mon bout de banc avec mon café entre les mains (oui, la tisane sera pour la prochaine fois, je me limite tout de même dans les clichés).

Ceci dit, je me plains, mais je n’ai pas eu froid très longtemps. Effectivement, assez rapidement l’équipe masculine commence à sérieusement s’agiter à proximité du barbecue. Après avoir ravivé le feu avec quelques buches de ci de là, ils ont vite entrepris de voir plus… grand ! Des cartons vides, des palettes, de vieux meubles, des morceaux de vieux meubles, des paniers en osier percés… A peu près tout ce qui est inflammable et inutile transforma le barbecue en feu de joie.

Autant dire qu’assez rapidement les flammes (hautes, oui vraiment hautes) firent doubler feu le barbecue de volume ! Nous avons eu droit de jeter tour à tour un morceau de quelque chose dans le feu. Un des convives traversa le feu en courant sur un carton qui ne flambait pas encore complètement. D’immenses pelles servirent à retourner les braises, ce qui agrandissait les flammes à chaque mouvements.

Même en excluant ma fascination morbide pour le feu il faut avouer que c’était un très joli spectacle. Sans compter que je n’ai pas manqué de me rapprocher de cette source non négligeable de chaleur afin de profiter amplement de la fin de soirée.

Allez ! Dodo et demain, on retourne en ville !

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